Reconstruire la confiance et la compassion dans nos communautés

Ces dernières années, la confiance du public envers le gouvernement britannique et les autres institutions quant à leur capacité à privilégier les intérêts des collectivités locales s'est considérablement érodée. Un récent sondage Ipsos, réalisé avant les élections locales, a révélé que seulement 25 % des personnes de plus de 18 ans en Angleterre font confiance aux ministres pour agir au mieux des intérêts de leur région. De même, seulement 26 % partagent cet avis concernant les grands médias. Ces chiffres dressent un tableau inquiétant des communautés qui se sentent abandonnées et déconnectées des personnes au pouvoir.

Le sondage a également révélé que 571 % des personnes interrogées estiment que les conseils municipaux ont la plus grande influence sur la qualité de vie dans leur communauté, contre seulement 141 % pour le Parlement de Westminster. Cela souligne le rôle crucial que jouent les collectivités locales dans le développement de nos communautés. Cependant, la confiance accordée aux conseillers municipaux, bien que supérieure à celle accordée aux autres responsables politiques, reste inférieure à celle accordée à la police, aux associations et aux entreprises locales.

Le sentiment d'appartenance à une communauté est essentiel à la santé et au bien-être des individus.

Les résultats de ce sondage nous rappellent brutalement les défis auxquels nous sommes confrontés en tant que société. Mais qu'est-ce qui a provoqué cette érosion de la confiance ?

Un facteur clé réside dans le fossé grandissant entre les personnes au pouvoir et les communautés qu'elles sont censées représenter. Dans un système politique de plus en plus centralisé, les décisions ayant un impact profond sur les collectivités locales sont souvent prises par ceux qui comprennent mal les défis et les besoins spécifiques de ces collectivités. Cela peut engendrer un sentiment de désillusion et de frustration chez les citoyens qui ont l'impression de ne pas être entendus.

Un autre facteur est la perception d'une dégradation des services publics. Près de la moitié des personnes interrogées ont déclaré que les services locaux se sont détériorés au cours des cinq dernières années, cette proportion atteignant trois personnes sur cinq chez les 55-75 ans. Lorsque les citoyens constatent le déclin de leurs services locaux, malgré le paiement de leurs impôts, il est compréhensible qu'ils perdent confiance dans les institutions chargées de les fournir.

Le sondage a également révélé une baisse de la confiance dans l'ensemble des institutions publiques quant à leur capacité à agir dans l'intérêt des populations locales : 571 % des personnes interrogées (TP3T) font peu confiance aux députés locaux et 531 % (TP3T) à la fonction publique. Ceci suggère une crise de confiance plus profonde envers notre système politique et notre administration. Scandales, corruption et sentiment de manque de transparence ont tous contribué à ce déclin de la confiance.

Le rôle des médias ne saurait être négligé. Le sondage révèle que seulement 261 000 personnes font confiance aux grands médias pour agir dans l’intérêt de leur région. À l’ère des fausses informations, du sensationnalisme et du journalisme partisan, il devient de plus en plus difficile pour les citoyens de savoir à qui se fier pour obtenir des informations fiables sur leur communauté.

Alors, que pouvons-nous faire pour rétablir la confiance et favoriser des communautés bienveillantes ?

Rétablir la confiance exigera un effort concerté de tous les paliers gouvernementaux, ainsi qu'un engagement envers la transparence, la responsabilité et une véritable concertation avec les collectivités. Il faudra une transition vers une prise de décision plus décentralisée, où les collectivités locales auront davantage leur mot à dire sur les questions qui les concernent. Il faudra investir dans les services publics afin de garantir qu'ils répondent aux besoins de la population. Et il faudra des médias engagés à fournir une information exacte et impartiale qui contribue à informer et à responsabiliser les citoyens. Pour amorcer ce processus de rétablissement de la confiance, nous devons nous concentrer sur plusieurs domaines clés :

Il est primordial que les élus, à tous les niveaux, s'attachent en priorité à rétablir la confiance du public. Cela commence par les collectivités locales, où l'impact sur les citoyens est le plus fortement ressenti. Les conseillers municipaux doivent dialoguer avec leurs administrés, écouter leurs préoccupations et œuvrer à la résolution des problèmes qui leur importent le plus. La transparence, la responsabilité et une communication efficace sont essentielles pour instaurer la confiance.

Deuxièmement, il est essentiel de reconnaître le rôle crucial des associations locales et des entreprises de proximité dans la construction de communautés solidaires. Le sondage a révélé que l'amélioration des services est largement attribuée aux conseils municipaux et aux associations locales. En soutenant et en renforçant ces organisations de base, nous pouvons bâtir une société plus unie et plus solidaire.

Troisièmement, nous devons cultiver une culture de compassion au sein de nos communautés. Cela implique de veiller les uns sur les autres, d'offrir notre soutien aux personnes dans le besoin et de célébrer notre diversité. En bâtissant des communautés fortes et solidaires, nous créons un socle de confiance capable de résister même aux périodes les plus difficiles.

Enfin, nous devons exiger davantage de notre gouvernement et de nos institutions nationales. Le sondage a révélé que parmi ceux qui estiment que les services publics se dégradent, plus de la moitié imputent une grande part de responsabilité au gouvernement britannique. Il est temps que nos dirigeants prennent leurs responsabilités, écoutent les préoccupations des citoyens et agissent pour y remédier.

Le déclin de la confiance du public ne s'est pas produit du jour au lendemain, et la rétablir prendra du temps. Mais si nous voulons bâtir une société véritablement inclusive, solidaire et résiliente, c'est un défi que nous devons être prêts à relever. En comprenant les causes profondes de ce déclin, nous pouvons commencer à tracer la voie à suivre : une voie qui place les communautés au cœur des décisions et qui garantit que personne ne soit laissé pour compte.

Victoria Armstrong est assistante de communication à la Global Compassion Coalition.